La guerre de la vache
Ou comment le vol d'une simple vache servit de prétexte à vider une querelle qui met aux prises le duc de Brabant et les comtes de Namur et de Luxembourg, contre l'évêque de Liège.
Mais lisez plutôt...
Lors de la foire à Andenne, en 1275, Guy de Dampierre, comte de Namur et de Flandre, organisa un tournoi. Un certain Engoran, paysan de Jallet, y amena la fameuse vache, volée à un certain Rigaud à Ciney. Celui-ci, reconnaissant l'animal, le signala au bailli du Condroz ; mais comme Andenne était hors de sa juridiction, il proposa à Engoran de remettre la vache où il l'avait volée et d'en être quitte, sinon il serait appréhendé dès qu'il pénétrerait en Condroz (ce qu'il devait faire pour rentrer chez lui).
Engoran fit comme convenu mais, dès qu'il arriva en terre condruzienne, les hommes du bailli qui l'accompagnaient, et qui étaient alors dans leur juridiction, s'emparèrent de lui et le pendirent à un arbre.
Cela déplut fortement au seigneur de Goesnes (Jallet était sur la seigneurie de Goesnes), d'autant plus que Jean de Goesnes ambitionnait de devenir bailli du Condroz à la place de Jean de Halloy. Il organisa donc une expédition, avec les seigneurs de Celles et de Spontin et détruisit le château de Halloy. Aussitôt, Jean de Halloy répliqua, allant incendier les terres de Goesnes. Jean de Goesnes demanda l'aide du comte de Namur, Guy de Dampierre, qui engagea dans le conflit le Luxembourg (Guy de Dampierre avait épousé Isabelle de Luxembourg).
Namurois et Luxembourgeois firent le siège de Ciney. Ses défenseurs furent tous brûlés vifs dans l'église. Pendant ce temps, le prince-évêque de Liège, Jean d'Enghien, envoya les Dinantais à l'attaque de Spontin.
La guerre prit fin en 1278 (sur l'intervention du roi de France, Philippe le Hardi) après avoir mit à feu et à sang une soixantaine de villages, faisant environ 15 000 morts (pas mal pour une vache non ?).
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